Semer l’art
Un livre de Josiane Haas et Martine Wolhauser
Des artistes professionnels ouvrent leurs ateliers : dix ans d’une aventure collective unique.
Carthographie des maxi beaux arts
Depuis plus de dix ans, l’association maxi beaux arts offre aux jeunes de 12 à 23 ans du canton de Fribourg un terrain d’initiation à différentes pratiques artistiques par des professionnels : gravure, dessin et BD, photographie, cinéma, céramique, bijouterie, couture, sculpture… Elle offre aussi un lieu pour souffler, créer, échanger – un creuset où émergent les identités.
Pour écrire ce livre, je me suis immergée dans cette aventure : j’ai rencontré les artistes qui ouvrent leurs ateliers, écouté les jeunes qui les fréquentent, recueilli récits et impressions, goûté à des atmosphères uniques.
Avec les photographies de Martine Wolhauser et les illustrations de Jonas De Clerck.
Une montagne qui ne se laisse pas saisir d’un seul regard
J’ai découvert les maxi beaux arts un peu comme on découvre une montagne. Car la montagne ne se laisse pas saisir d’un seul regard. J’ai pris le temps d’y revenir, de changer d’altitude et de lumière, de lui offrir une curiosité renouvelée. Sur ses pentes, j’ai rencontré des visages, des voix, des univers contrastés. Et, avec le recul, j’en distingue mieux les nombreux reliefs.
La montagne impose le respect. Elle connaît le ciel bleu comme les matins brumeux. On ne s’y aventure pas seul, mais en partageant le sentier avec vigilance et solidarité. On y trouve des refuges. On y découvre des panoramas insoupçonnés. Parce qu’elle est vivante, elle connaît aussi le danger des pans qui s’effondrent, de la glace qui fond, de l’histoire qui disparaît.
Tout cela, ce sont les maxi.
Ce que j’y ai trouvé
Aux maxi beaux arts, la rigueur et l’exigence côtoient la sensibilité et l’intelligence du cœur. Les gestes artistiques éveillent l’esprit, résonnent au plus profond et tissent des liens entre les êtres. Chez tous celles et ceux que j’ai rencontrés, j’ai noté une grande ouverture, une capacité à se remettre en question.
Au fil de cette immersion, j’ai rencontré neuf artistes — professeurs actuels et anciens des maxi. J’ai notamment poussé la porte du Pilon à Os, au bord du Gottéron, où l’on enseigne la gravure depuis près de quarante ans dans un atelier baroque et chaleureux, hors du temps. J’ai rejoint Baptiste Janon, cinéaste, un samedi matin dans son local de la Basse-Ville, où il apprend aux jeunes à trouver le film qu’ils ont à l’intérieur d’eux. J’ai écouté Martine Wolhauser, photographe, parler de son désir d’allumer le moteur intérieur de chaque élève — et de leur permettre de comprendre que la vie, ce n’est pas l’école.
J’ai aussi rencontré d’anciens élèves devenus artistes professionnels. Je leur ai demandé en quoi les maxi avaient compté dans leur parcours. Leurs réponses m’ont touchée.
Ce que disent celles et ceux qui y sont passés
Un préambule, pas une conclusion
Ce livre se veut une ouverture, un pont vers l’avenir. Il appelle à préserver un domaine menacé : celui de la culture, de l’art en particulier, indispensables pour stimuler la pensée critique et interroger le monde. Il invite à soutenir l’éveil capital que cultivent les maxi beaux arts. Il pousse à semer l’art — et par là même à enrichir la société.
Dans cette quête de justesse intérieure, celles et ceux que j’ai rencontrés m’ont rappelé que l’ancrage dans le concret, dans un univers de plus en plus virtuel, peut nous sauver.
En achetant ce livre, vous soutenez l’association maxi beaux arts. L’intégralité du produit des ventes lui est reversée pour qu’elle puisse poursuivre son travail d’éveil artistique.